Par Walyd Kalem

Mai 2026
Dans les Yvelines, 175 fermetures de classes sont envisagées pour seulement 89 ouvertures. À Sartrouville comme ailleurs, la politique budgétaire nationale frappe notre département déjà sous‑doté.
Sur le terrain, la situation est déjà intenable. Le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale annonce 124 classes non remplacées chaque jour. Les professeurs font face à des effectifs surchargés, des élèves réparti·e·s, des situations explosives liées aux besoins particuliers non accompagnés. La baisse démographique aurait dû améliorer les conditions d’apprentissage, elle devient un prétexte pour supprimer des postes. Les Yvelines continuent de payer le prix fort.
À Sartrouville, plusieurs écoles sont directement touchées : Léo‑Lagrange (-1 classe), Pablo‑Neruda (-2 classes), Paul‑Bert (-1 classe) et Danielle‑Casanova (-1 classe). Ces fermetures auront des conséquences immédiates sur les conditions d’accueil, la taille des classes et la capacité des équipes à accompagner les élèves les plus fragiles.
Ce qui inquiète tout autant, c’est l’absence de réaction visible de la municipalité. Alors que d’autres villes interpellent le rectorat, écrivent, se mobilisent, Sartrouville reste silencieuse. Il semble que le maire considère qu’il ne lui appartient pas d’intervenir dans les décisions du rectorat. Pourtant, défendre les écoles de la ville n’est pas une ingérence : c’est une responsabilité. Une commune doit alerter, soutenir ses équipes éducatives, défendre ses familles. Se taire, c’est accepter que les conditions d’apprentissage se dégradent encore.
Pourtant, la démographie offre une chance historique : avec 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035, la France pourrait enfin réduire les effectifs, relever le niveau scolaire et rapprocher son école des standards européens. Le choix est clair : réduire encore l’investissement public ou saisir cette opportunité pour reconstruire une école plus juste. Avec Sartrouville Autrement, nous refusons que cette chance devienne un recul.
