Canicules à répétition : qui aurait pu prédire ?

Par Romain Chiaradia

Octobre 2025

J’écris ces lignes entre deux canicules, avec colère et tristesse. Mai, juin, juillet : des records battus sans interruption. Et une vérité brutale s’impose déjà : l’été 2026 sera le plus frais du reste de notre vie si nous continuons sur cette trajectoire.

Les conséquences sont dramatiques : surmortalité (+50% de décès en IDF), faune et flore en souffrance, agriculture en péril (hécatombes dans les élevages, pertes de récoltes), orages violents, coupures de courant, sécheresse, incendies… Et pendant que les habitants des bouilloires thermiques cherchent désespérément ventilateurs et climatiseurs, les plus aisés vivent à 19° dans des logements climatisés.

« Qui aurait pu prédire ? » Depuis 40 ans, les écologistes alertent, proposent, se battent. Ils ont été ignorés, caricaturés et attaqués par les lobbies industriels et leurs amis. Le déni a coûté cher.

Ce constat national se retrouve à Sartrouville : depuis plus de 30 ans, malgré les alertes des élus écologistes (Saadia Sahali, Jean-Pierre Chane-Alune puis moi-même), la majorité de Pierre Fond a choisi la pierre, le béton et le bitume au détriment des arbres et de la végétation, se réjouissant il y a un an d’une nouvelle canicule (« on va pouvoir aller en terrasse »).

Les rares avancées – plan 1 000 arbres, cour oasis à Jules Ferry – arrivent trop tard et ne compensent pas les erreurs accumulées : places entièrement minéralisées, bâtiments publics mal isolés, nouvelle RD121 qui rajoute des véhicules et du bitume.

Quelles solutions ?

Le nucléaire ? À l’arrêt quand les fleuves sont trop chauds. La climatisation ? Elle est essentielle pour les plus fragiles (EHPAD, hôpitaux, écoles…) mais aggrave le problème et surcharge le réseau si elle est généralisée partout. L’État ? Il coupe le Fonds Vert et MaPrimeRénov au lieu de se concentrer sur l’essentiel : financer la résilience, faire manger le pays, limiter les déplacements et le train de vie des plus riches…

A Sartrouville aussi il faut un changement radical : débitumer, végétaliser, aménager les bâtiments (isolation, persiennes, peinture blanche etc.). Protéger au lieu de subir.

Mobilisons‑nous pour éviter un futur où l’on se battra pour l’eau et la nourriture. Le temps du déni est terminé.